Eh bien pour commencer je vais simplement dire que j'aime vivre, même si parfois c'est pénible. Pourtant... c'est ainsi.
Et aimer vivre, c'est s'avoir s'intéresser à la vie, à ce qu'elle offre où ce qu'elle arrache, savoir se passionner et se donner corps et âme à ces passions. Et je me passionne, enflammée, parfois irréfléchie. Je prends parti pour des causes peut-êtres minimes mais qui me semblent juste, je donne de mon temps à ce que j'entreprends et j'abandonne rarement avant d'avoir fini, même si, comme l'amour, tout passe, tout lasse, ou presque...
Et de ce "presque" ressort ce qui me plaît depuis le début et qui, jamais, ne me passera, comme la maladie incurable de la vocation.
Déjà... Le dessin, les arts graphiques en général. Je prends un crayon, un pinceau et plus rien n'existe: le temps s'arrête pour regarder la mine courrir sur le papier, les lumières changent mais je ne les vois plus, et je laisse mon esprit vagabonder dans le grain de la feuille ou de la toile, et je vois avec surprise, souvent, une ambiance ou une action, un objet ou un être prendre forme et vie sans que je puisse l'expliquer...
La musique, aussi: l'écouter, ma laisser me transporter le long de ses mélodies ou de ses rythmes, de ses accords... elle éveille parfois en moi des visions étranges où les ambiances sont lourdes de sens, et qui évoluent comme des rêves. Jouer du violon... voilà aussi une vocation. Travailler pendant des heures pour extraire des pièces de bois qui le composent le son que je souhaite, son intensité, sa vie... et puis fermer les yeux et laisser mon coeur jouer avec les cordes et envoyer dans l'air mes sentiments les plus profonds, emportés par les notes.
Et puis... j'aime lire, voir les mopts former des phrases et les phrases des histoires ou des idées.
J'aime aussi écrire, inventer ou expliquer, choisir les mots qui conviennent pour exprimer le fruit de l'imagination, les assembler en un poème au sens parfois énigmatique, en une nouvelle ou une lettre... Préparer un roman, voilà une entreprise!... il faut chercher l'inspiration, ne pas s'égarer, et s'imprégner de l'histoire pour lui apporter l'intérêt et la vie... Affaire à suivre!...
Une autre de mes passions est la voile, le vent, la mer... glisser sur les flots incertains et impressionnants, portée par une douce brise ou une rafale puissante, filer à la surface de l'eau, on peut le dire, à la vitesse du vent dans des voiles bien réglées, et bouger pour s'offrir cette immense sensation d'euphorie. L'angoissante impression de faiblesse, coquille de noix, et l'enîvrante liberté, mélange détonnant!... Je m'y accroche, j'en rêve, et je sens parfois, en fermant les yeux, les embruns me fouetter le visage, et j'entends la dérive chanter, et je sens l'eau défiler si près de moi... Douce rêverie!...
Et puis, comme beaucoup... j'aime m'amuser, parler avec ceux que j'aime. Jouer avec eux en intégrant un personnage, avec pour seul support une feuille, un crayon et quelques dés... J'aime rire et faire rire, cet exutoire à la faiblesse des nerfs, raconter des blagues, faire des commentaires ou des jeux de mots, souvent mauvais je dois l'avouer, et voir naître sur un visage un sourire amusé, à défaut d'être heureux, comme au rayon de soleil à défaut de l'illumination.
Je vis pour aimer et me faire aimer; pour réfléchir et comprendre, méditer, offrir toute ma concentration à mes sentiments ou mes souhaits les plus profonds pour essayer de me comprendre (lourde tâche!) ou à la plus large des philosophies sur le monde, les peuples, la religion, la vie en général...
On peut le dire, je crois, comme une vérité: je suis une artiste, au sens péjoratif du terme, peut-être, mais aussi au sens strict. Perdue dans les nuages, à peine les pieds sur terre, à rêver ou exprimer ce qui me plait, même si ça n'est pas de façon rationnelle.
C'est dans cette direction que je mène ma vie illuminées de muses auxquelles je souhaite, plus que tout, faire honneur.